Joie, couleurs vives, abondance de nourriture et musique festive : bien loin des cercueils morbides et autres monstres sanglants d’Halloween, je vous emmène au Mexique pour célébrer la Fête des Morts… comme il se doit !

Dans des rues ornées de tapis de fleurs parfumées, el Día de los Muertos est célébrée depuis des milliers d’années.
Cette fête a lieu tous les ans, le 1er et 2 novembre.

Traditionnellement, les familles se réunissent pour ériger des autels colorés, fleurir les tombes et disposer des bougies, afin d’accompagner et guider les âmes des êtres disparus.

Inscrite sur la liste du patrimoine culturel et immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2003, el Dia de Muertos souligne «le retour transitoire sur Terre des parents et des Etres chers, décédés».

C’est sur des rythmes entrainants, dans la joie, la bonne humeur, et accompagnée de quelques verres de Mezcal (ou de Tequila),  que la Fête des Morts tient sa réputation de fête la plus importante pour les Mexicains et Mexicaines!

Femme maquillée et venue d'une robe très colorée pour célébrer El Dia de Muertos au Mexique
©Miguel Bruna


Les origines de la Fête des Morts

Penser que « la mort doit être célébrée et non redoutée », est une croyance qui remonte aux civilisations précolombiennes.
Vers l’an 300 av. JC, les zapotèques de Oaxaca organisaient déjà de grandes cérémonies funéraires pour accueillir le retour de leurs défunts.

Alors que pour d’autres cultures, les morts doivent « payer » pour les pêchés qu’ils ont commis dans cette vie-ci, pour les mexicains, il n’en est rien. C’est même le contraire !
Au Mexique, passer dans l’au-delà, ou passer de l’autre côté, est synonyme de liberté et félicité.

« La mort doit être célébrée et non redoutée …»

A l’arrivée des espagnols en Amérique, les indigènes considéraient qu’il n’y avait aucune frontière entre les vivants et les morts. Ils organisaient une immense fête, une fois par an, car ils avaient la certitude que leurs ancêtres revenaient sur Terre (en esprit) à cette occasion.
Et ce rite a perduré, chez les mexicains et dans toute l’Amerique Latine.

Le lien entre le monde des vivants et l’autre monde, se rétablit pendant la Fête des Morts : les portes énergétiques s’ouvrent et les défunts peuvent revenir sur Terre.

Aussi, il n’est pas nécessaire de se rendre dans une église, un temple ou au crématorium, la fête peut se célébrer partout : dans les rues, au cimetière ou simplement à la maison…

Selon les croyances, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre (jour de la Toussaint en Europe), ce sont d’abord les âmes des enfants qui reviennent.
On l’appelle «La Noche de los Angelitos», la nuit des petits anges, en hommage aux jeunes enfants décédés.

Dans la nuit du 1er au 2 novembre, ce sont les âmes des adultes viennent rejoindre leur famille.

Calaveras - Julia Braga - Musée de Mexico
Musée d’Art de Mexico ©Julia Braga

La préparation de la Fête des Morts 

L’autel de muertos

Les jours précédents le 2 novembre, les familles s’activent : ils cuisinent, confectionnent leurs costumes et construisent des autels pour leurs proches disparus.
Cette coutume est transmise de générations en générations.

Les familles offrent en ce jour particulier tout ce que le défunt a aimé sur Terre.
Chaque élément qu’ils décident de mettre sur l’autel a une signification particulière… C’est ce qui rend chaque autel si unique.

Bien qu’ils soient tous décorés différemment, les autels de commémoration ont cependant des points communs, on y retrouve:

  1. une photo du défunt
  2. des fleurs jaunes
  3. des roses d’Inde – de couleur jaune-orangé –
  4. des bougies
  5. de l’alcool
  6. un pain
  7. quelques souvenirs et les objets favoris du défunt

Habituellement, on place les choses qu’ils ont aimées, sous leur photo :

  • leur instrument de musique
  • leur plat préféré – concocté spécialement pour l’occasion
  • des verres de Mezcal ou de Tequila (pour les adultes)
  • du tabac, s’ils fumaient…
  • et aussi le « pan de muerto » – un pain que l’on ne trouve que pour la Fête des Morts.

Certains font aussi brûler du copal, un encens fabriqué à base de résine.
Toutes ces offrandes permettent personnes décédées de se sentir accueillies chez elles.

Il est également très courant de voir des Calaveras (figurines de squelettes et/ou têtes de mort) largement décorés et mise dans des situations de la vie quotidienne du défunt.

Les Calaveras peuvent jouer de la musique, danser, ou faire toute autre activité… Souvent l’activité favorite de la personne décédée.

Il y en a pour tous les goûts et de toutes sortes ! Certaines Calaveras sont de vraiment sculptures et d’autres têtes de mort peuvent aussi être en sucre ou en chocolat.

Les autels sont érigés pour célébrer l’Amour partagé.

Le chemin pour guider les âmes

Afin de guider les âmes qui reviennent sur Terre, « un chemin » coloré, de la rue à l’autel, des cimetières aux maisons, est réalisé avec grand soin.

Une allée de pétales de fleurs colorées, ornée de bougies et d’encens, trace la voie à emprunter.

Aussi, de nombreux artistes sont appelés à réaliser des sculptures ou peintures pour l’occasion.

La ville de Mexico, par exemple, propose à certains artistes de donner libre court à leur créativité.
Ils vont jusqu’à créer un cimetière temporaire où l’on retrouvent les différentes formes d’art : peintures, sculptures, danses, fresques colorées…

D’autres villes, ou Pueblo (villages), encouragent également cette activité créative, comme c’est le cas de la ville de Oaxaca, qui organise chaque année, une gigantesque sculpture de sable sur la place principale.

Plusieurs tonnes de sable y sont amenés pour l’occasion, et on laisse les artistes créer la plus belle oeuvre éphémère possible, en l’honneur des morts.

Autel de célébration pendant el Dia de los Muertos au Mexique

La Fête des Morts : une porte vers un autre monde

Le jour de la Fête des Morts est aussi une occasion pour les familles d’être réunie au complet, y compris avec ceux qui ne sont plus sur Terre.

La Fête des Morts ouvrent une porte vers un autre monde, immatériel.
Cette célébration permet alors la réunion des mondes matériels et immatérielles.

Les familles et les fidèles se rendent dans les cimetières, avec de la nourriture, de l’alcool et des fleurs pour y passent la soirée : ils mangent, dansent, prient et chantent sur les tombes. Certains en profite pour ouvrir le dialogue, demandent pardon et règlent même des conflits qui n’étaient pas résolus jusque là!

En perpétuant les traditions ancestrales, les mexicains éliminent les frontières entre la matière tangible et le monde invisible.

Pour les mexicains, la Fête des Morts est sans doute la fête la plus importante… car ce n’est pas pas seulement une journée de fête, c’est toute une période qui s’étend de la fin du mois d’octobre au début du mois de novembre : on célèbre les morts pour célébrer la vie…

Les festivités à Mexico (Durée : 5:15 min)

« Tradition millénaire
L’offrande du Jour des Morts est issue de notre culture préhispanique.
En quoi devrait consister cette offrande à nos morts?

La terre: représentée par les fleurs
L’eau : représentée par des tasses ou des verres avec des liquides de tout genre…
Le Feu: représenté par de l’encens et des bougies
Le vent: représenté par le mouvement des dentelles de papier.

Bien sûr, vous ne pouvez pas manquer les photographies des défunts, leurs objets personnels et têtes de morts décorées, en plus des sourires et des bons souvenirs.
Chaque âme provient d’une essence 100% mexicaine. Continuons la tradition. »

De par ces couleurs vives et son sens profond, el Dia de los Muertos nous invite au recueillement et à la communication, au-delà de notre monde physique…


Mes chers Explorateurs Créateurs, je vous souhaite une très belle célébration !

A bientôt!
Julia.

Julia Braga à Mexico
Mexico, Julia Braga

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Julia Braga - visite de la pyramide de la lune et du soleil au Mexique
Pyramides du Soleil et de la Lune : entre Terre et Ciel, Mexique, Julia Braga

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